identités en jachère
des prophéties à réaliser
nous prenons le langage par la taille
le secouons pour qu’apparaissent certains mots
nos pattes de mouches collées aux artères
gravés les souvenirs horripilent
nous surveillons le prochain tremblement
cochons oui au sacrifice des élites
nous disséquons les abus à la racine
loin du culte de la perfection
Dire la révolte et la transformation pour appréhender le réel autrement, refuser l’asservissement sous toutes ses formes.
- Le poème s’ouvre sur la formule « identités en jachère » qui donne le ton au reste du texte. Quelle est votre interprétation du sens de cette expression agricole (qui signifie au sens littéral « mettre la terre au repos ») transposée dans le discours poétique à l’œuvre ici?
- Quel effet procure la personnification « nous prenons le langage par la taille / le secouons pour qu’apparaissent certains mots » présente au début de la deuxième strophe ?
- Peut-on affirmer, selon vous, qu’il s’agit d’un poème engagé? En quel sens? Expliquez votre point de vue.
- Un « nous » traverse le poème du début à la fin. Pourquoi, selon vous, læ poète y a-t-iel recours?
- À la lecture à voix haute du poème, tentez de faire ressentir l’importance de ce « nous » dans le rythme et la tonalité de votre lecture et posez-vous la question suivante : le « je » ou le « tu » aurait-il eu le même impact?
Activité d’écriture
Écrivez un poème dans lequel on retrouverait une personnification (comme celle que l’on retrouve au début de la deuxième strophe du poème de Si Poirier) destinée à incarner une préoccupation importante à mettre de l’avant. Lisez votre poème à voix haute. Que ressentez-vous?
Lien utile
Lecture d’un extrait du recueil
Si Poirier, « identités en jachère... », Fouolles, Tryptique, coll. « Queer », 2024, p. 20-21.